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The fun never sets
Eva Taulois

Avec la participation de Pierre Lucas

The fun never sets - From 15 September to 4 November

Exposition du 16 septembre au 4 novembre 2017
Vernissage le ven­dredi 15 septembre 2017 à 19h

Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine :
Rencontre avec l’artiste : samedi 16 septembre à 18h
Ouverture excep­tion­nelle : dimanche 17 septembre de 15h à 18h



The Fun Never Sets, par son jeu de mots - lit­térale­ment le plaisir (« fun » en allu­sion au soleil « sun ») ne se couche jamais - annonce la couleur : l’expo­si­tion d’Eva Taulois sera solaire. Un hymne à la lumière, et à la fête. Ça sonne un peu comme un titre des Zombies ou des Mamas and the Papas, une mélodie à la fois extrême­ment joyeuse avec pour­tant des accents mélan­col­iques, parce que cette ode au ravisse­ment et au soleil est aussi l’expres­sion de notre peur pro­fonde de l’obscu­rité.
Pour juste­ment promettre la lumière tout au long de la nuit, Roxy, célèbre ani­ma­teur radio des années 30, imagine la salle de spec­tacle Radio City Music Hall située dans le Rockefeller Center à New York, et sa scène large de 44 mètres sous la forme d’un coucher de soleil. Quel meilleur slogan pour sus­citer l’engoue­ment des noc­tam­bules que : In Radio City Music Hall, The Fun Never Sets ! Il est d’ailleurs rap­porté qu’une visite dans ce lieu mythique vaudrait un mois à la cam­pagne.

Alors que Roxy était accom­pagné de sa troupe de danseuses, les Rockettes, célèbres pour leur jeu de jambes, Eva Taulois met en scène des corps sans iden­tité ou plutôt des dou­blures, comme on les nomme dans le cinéma. Silhouettes sans vis­ages, dont on devine ça et là, la cour­bure d’une hanche, la flexion d’un bras, le galbe d’une cuisse, repren­nent et jouent des atti­tudes acro­ba­tiques ou des pos­tures impudiques. Posées sur des socles mobiles, ces sculp­tures sont le plus sou­vent peintes avec des couleurs vives à même leur sur­face ou directe­ment sur du tissu dont elles sont recou­vertes. Le maquil­lage comme meilleur allié à l’illu­sion. Parce qu’il faut prob­a­ble­ment croire à la fic­tion, à l’art pour s’accom­moder du réel.

S’attacher à la sur­face des choses, c’est aussi faire image. Il est bien évidemment ques­tion de pein­ture dans cette expo­si­tion ath­lé­tique. Les corps ici à l’oeuvre sont sculp­turaux mais cha­cune de leurs courbes ne sem­blent être dess­inées que pour servir une peau mag­nifiée. à l’image de ces body­builders qui font briller le plus superbe­ment la sur­face unifiée de leur mus­cu­la­ture extraor­di­naire.
Les couleurs qu’Eva Taulois utilise en aplats sont éclatantes, un rose fram­boise, un marine velours, un jaune moutarde, un vert sapin, et les dif­férentes tex­tures, de soyeux à râpeux, qu’elle enduit, con­fèrent à ces masses ruti­lantes de véri­ta­bles qual­ités pic­turales. En recou­vrant ainsi ces fig­ures, elle leur retire tout signe dis­tinctif, les plongeant dans une abstrac­tion viv­i­fi­ante.

Ces sculp­tures, mem­bres inter­change­ables d’un ballet silen­cieux évoluent devant un impor­tant bas-relief com­posé de mousse et de tissu peint. Ce dis­positif n’est pas sans rap­peler les pro­tec­tions instal­lées à même les murs dans cer­taines salles de sport, dernier rem­part d’un espace défini par et pour des gestes coor­donnés.
The Fun Never Sets, par son climat empli de chaleur et de légèreté, rap­pelle l’émotion, par­fois l’exci­ta­tion que peut pro­curer le décor. Ce fond devant lequel on repense nos dis­tances aux autres et à l’espace. Là où on se rassemble, on danse, on joue. Là où on cherche à éprouver le monde plus inten­sé­ment.

Solenn Morel


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Dossier de presse - The Fun Never Sets
( PDF, 1.4 Mb)