Photo Eric Tabuchi
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Le Ranch de la Liberté
Roxane Borujerdi, Louise Hervé & Chloé Maillet, Ernesto Sartori

Exposition du 21 juin au 8 sep­tem­bre 2013


Le Ranch de la Liberté est le nom d’une com­mu­nauté sur­vi­va­liste ins­tal­lée dans l’État de l’Utah. Quelques famil­les, convain­cues de l’immi­nence de l’apo­ca­lypse, vivent ainsi en autar­cie dans ce ter­ri­toire isolé. Ils y ont cons­truit des abris sou­ter­rains sus­cep­ti­bles de résis­ter aussi bien aux catas­tro­phes natu­rel­les que nucléai­res. Au croi­se­ment de la soli­tude et de la toute-puis­sance, entre repli para­noïa­que et fana­tisme reli­gieux, Le Ranch de la Liberté illus­tre par­fai­te­ment le revers du rêve amé­ri­cain. Alors même si on ne peut nier le côté fas­ci­nant d’un tel mou­ve­ment obs­cu­ran­tiste - en dehors de toute réa­lité - ce n’est pour­tant pas là le sujet de ce projet, mais plutôt le pré­texte. En effet, Le Ranch de la Liberté permet d’ins­crire le projet de l’expo­si­tion - dont le titre est volon­tai­re­ment ambigu - dans un cadre fic­tion­nel, lequel redé­fi­nit les condi­tions de pro­duc­tion à l’échelle de la com­mu­nauté et des pra­ti­ques autar­ci­ques. Partant de ce pos­tu­lat, plu­sieurs types d’expé­rien­ces se dis­tin­guent comme autant de scé­na­rios pos­si­bles : la liberté dans son expres­sion archaï­que, envi­sa­gée sous l’angle de la survie, la liberté dans son expres­sion futu­riste où l’anti­ci­pa­tion est mise au ser­vice d’une utopie huma­niste et enfin la liberté dans son expres­sion la plus épicurienne. C’est pro­ba­ble­ment dans la ren­contre de ces scé­na­rios, ces énoncés éloignés voire anta­go­nis­tes que se réa­li­sent les œuvres de l’expo­si­tion. Telle est l’ambi­guïté de cette entre­prise. Peut-on défi­nir un cadre à la liberté ? Pour les artis­tes, qu’en est-il ? L’hypo­thèse énoncée par le Ranch serait celle d’une sub­jec­ti­vité légère, au-delà des conven­tions aca­dé­mi­ques, asso­ciée à l’appli­ca­tion de pro­to­co­les de tra­vail rigou­reux. Les œuvres, réa­li­sées spé­ci­fi­que­ment pour l’expo­si­tion, pro­cè­dent en effet de sys­tè­mes auto­no­mes, aux com­bi­na­toi­res mul­ti­ples qui se réin­ven­tent sans cesse. L’absence de hié­rar­chi­sa­tion entre - culture savante et culture popu­laire, dilet­tan­tisme et rigueur, savoir-faire et bri­co­lage - ainsi que la mul­ti­pli­cité des réfé­ren­ces énoncées (la science-fic­tion, l’archéo­lo­gie, l’abs­trac­tion géo­mé­tri­que, la géo­lo­gie, les films de genre…) par­ti­ci­pent à ce désir d’affran­chis­se­ment. Tels les pion­niers dans la conquête de l’ouest, les artis­tes revi­si­tent ici, à leurs maniè­res, le ter­ri­toire à tra­vers ses fron­tiè­res - réel­les et sym­bo­li­ques - entre le visi­ble et l’invi­si­ble. À la marge de cet appa­rent chaos hal­lu­ciné, où le récit se super­pose au réel - et le mythe à la connais­sance, ils ima­gi­nent et esquis­sent des frag­ments d’un monde paral­lèle que l’on devine foi­son­nant et infini.

Solenn Morel